«Nature
aime se cacher» et celui qui montre, qui dévoile, ne trahit pas forcément
cet amour de l’esquive. Montrer n’est pas toujours obscène quand montrer est
offrir du mystère, inviter le regard à revenir pour raconter mille histoires,
pour se perdre dans la puissance des formes, ou la profondeur des noirs, la
générosité bouleversante des gris à l’infini. Le monde ne chute pas, il montre
son insomnie et dans son épuisement, il nous raconte l’épuisement des humains.
Instantanéité de notre harassement comme de notre fragilité. Beaucoup en font
l’expérience, quand le paysage qui s’ouvre au regard révèle ce que nous
ignorions de nous-mêmes. «Nature aime à se cacher», jouer à la débusquer ne
peut être qu’un dépassement, une bonté supérieure, un acte de bravoure.
Photos:
Alain Willaume
Texte:
Wajdi Mouawad








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